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04/07/05 - PARIS, dimanche soir
Et non, vous ne revez pas, vous avez bel et bien lu PARIS !!!
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Bolivia
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26/05/05
Cet article est paru aujourd hui dans Le Monde. Pour mieux comprendre leur revolution, a lire! Le journal de France 3 a aussi fait un reportage hier sur La Bolivie. Quelqu'un l'a vu?


Le Monde.fr

La Bolivie se déchire sur le partage du gaz et du pétrole
LE MONDE | 26.05.05 | 12h51  .  Mis à jour le 26.05.05 | 12h51

epuis lundi 23 mai, La Paz est perturbée par des milliers de manifestants. Des mineurs font exploser des cachorros, des tronçons de dynamite. Les routes sont bloquées, l'accès à l'aéroport international fermé. Les autobus ne circulent pas par crainte d'être attaqués, des commerces baissent les rideaux, les marchés commencent à manquer de provisions.
La Centrale ouvrière bolivienne (COB) et la Fédération des voisins d'El Alto, la banlieue dortoir de La Paz, demandent une nationalisation pure et simple du pétrole et du gaz. Le dirigeant de la COB, Jaime Solares, a lancé un ultimatum à Evo Morales, le leader du Mouvement pour le socialisme (MAS, gauche), de plus en plus débordé, pour qu'il adhère à la nationalisation. Mais pour l'instant, le MAS se contente d'exiger que l'Etat perçoive 50 % de royalties sur les revenus des hydrocarbures. Ce n'est pas ce que prévoit la nouvelle loi promulguée le 17 mai, qui institue 18 % de royalties et 32 % d'impôts. En apparence, la taxation est la même, mais le MAS craint que les sommes dues ne soient pas acquittées, les entreprises pouvant réduire leur impôt grâce à diverses déductions.
Outre le débat sur les ressources du sous-sol, la Bolivie est divisée sur le degré d'autonomie de ses régions. Dans l'est du pays, les "comités civiques" des départements de Santa Cruz, Tarija, Beni et Pando, se sont entendus pour convoquer un référendum sur l'autonomie régionale le 12 août. Cette démarche est vue avec suspicion par d'autres départements. Les autonomistes "veulent s'approprier les ressources naturelles et les territoires et assumer des tâches relevant de l'armée ou des relations internationales, mettant ainsi en danger l'unité de la Bolivie" , soutient Oscar Olivera, dirigeant du mouvement social à Cochabamba.
Les manifestants de La Paz eux, sont contre l'autonomie des départements et exigent la convocation d'une assemblée constituante pour débattre de l'organisation du pays. Tout en accusant les autonomistes d'être des "oligarques" , Evo Morales (MAS) estime possible de concilier la Constituante et le référendum sur les autonomies, au lieu de les opposer. "Unissons les deux agendas et demandons au peuple, le même jour de l'élection des constituants, s'ils veulent l'autonomie ou pas" , prône M. Morales. Toutefois, les dirigeants du MAS commencent eux-mêmes à donner des signes de division.
Troisième sujet : Jaime Solares (COB) demande depuis plusieurs jours la démission du président Carlos Mesa (centre) et la fermeture du Congrès. "Si un militaire honnête et patriote comme -le président vénézuélien Hugo- Chavez surgit, nous allons le porter à la présidence, a déclaré le syndicaliste. Une démocratie comme celle qui existe depuis quelques années ne nous sert pas. Nous voulons un gouvernement qui se soucie du peuple et change le modèle néolibéral qui nous a été imposé" .
Son appel a été entendu, puisque les colonels Julio César Galindo et Julio Herrera ont proposé sur une chaîne de télévision le départ de M. Mesa et la formation d'un gouvernement civique-militaire, avant d'être désavoués et sanctionnés par leur hiérarchie. Evo Morales (MAS), pourtant proche de Hugo Chavez, a rejeté "tout coup d'Etat" . "L'armée et la police tiennent bon, c'est l'essentiel" , souligne une source diplomatique.
"Nous vivons des moments d'incertitude et d'affrontement croissant entre Boliviens" , a averti l'Eglise catholique. Le président Carlos Mesa s'est déplacé à Sucre, la capitale constitutionnelle de la Bolivie. "Je préfère payer le prix d'entendre le gouvernement taxé de manque d'autorité, plutôt que de nous voir subir une spirale de la violence, a -t-il déclaré. Je continuerais à faire mon devoir sans douter un instant, jusqu'au dernier jour de mon mandat -le 6 août 2007-. L'idée de quitter mon poste ne me passe pas par la tête" a conclu le chef d'Etat.
L'Argentine et le Brésil ont envoyé des émissaires de haut niveau. "Nous suivons avec le Brésil la délicate situation institutionnelle en Bolivie et nous espérons une amélioration" , a dit le ministre argentin des relations extérieures, Rafael Bielsa. "La Bolivie a un très bon chef d'Etat" , a assuré, pour sa part, le président argentin, Nestor Kirchner, qui compte sur l'approvisionnement en gaz bolivien.

Paulo A. Paranagua
Article paru dans l'édition du 27.05.05

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25/05/05 - La Paz, mercredi midi
Nous quittons le pays, ca sent le roussi. On est a l'aeroport depuis ce matin 6 heures et on attend un vol pour le Chili qui je l'espere va arriver tres vite.
A suivre...

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23/05/05 - La Paz, lundi soir.
JE VEUX VOIR MA MAMAN!!! (AL!)
Et oui, nous etions censes vous ecrire un petit mail de l'Amazonie avant de partir dans la savane mais non, notre avion n'est jamais parti, snif...
Le mouvement social se durcit et evidemment, il est plus fort ici qu'ailleurs (Capitale oblige).
Arrives a 7 h du mat ce matin, on etait trop heureux d'etre a l'heure pour l'avion. On a meme eu le temps de petit dejeuner. Nous avons retrouve Vesna et Christophe comme prevu et nous voila donc tous les 4 a attendre bien sagement notre bus. Pour l'agence, tout est normal, nous partirons a l'heure ( nous sommes tres septiques, la presse et le chauffeur de taxi nous ont annonce tout l'inverse...) Bon, encore une fois on leur fait confiance.
On monte dans le bus a 10h30 comme prevu, le chauffeur demarre en trombe car une cohorte de manifestants arrivent pour bloquer tout le centre ville. Ca commence bien... Deux minutes plus tard, le bus s arrete sur l autoroute: route barree, jets de pierres, manifestants, petards, nous n'irons pas plus loin. On patiente un peu, bcp ( c'est un savoir faire ici!). Un heure plus tard decision prise, nous mettons les sacs sur le dos et en route a pied pour l'aeroport. Nous sommes 6 francais, 2 suisses, 1 hollandaise et 3 boliviens. Petit detail geographique: La Paz est une ville HAUTE, entre 3000 et 4000m. Le bus nous laisse a 3500 m, l'aeroport est a 4000, pas de dessin... On arrive KO ( et en haissant tous les souvenirs que nous avons achetes la veille...). Nous sommes tres fiers d'etre arrives avant que l'avion ne decolle et aussi bien rassures d'avoir quittes les barrages et les manifestants. On a quand meme vu un pare-brise de bus explose par un jet de pierre.
Mais le pire etait a venir. 1h30, L'avion a du retard nous annonce t-on. Bon, on mange le menu du jour, enfin en bref 2 patates car il n'y a plus de riz et la viande, on evite depuis que Regis a ete malade. 2h30: nous vous dirons a 15h ce que nous allons faire.
15h, patience, il faut attendre, il pleut en amazonie, c'est trop dangereux de decoller. 15h30, des militaires armes sont devant l'aeroport. 15h45, on bouquine, on sieste, on ecrit le journal, et on s'enerve un peu quand meme. 16h, bon, on partira peut etre a 17h si le temps le permet. GRRRR 17h: le vol est annule. Que faire? Redescendre a La Paz avec les manifs ou.... et bin non, pas de ou, on redscend. 17h15: 8 gros 4x4 arrivent. Des messieurs bien habilles descendent de ces belles voitures americaines. La guide bolivienne de deux touristes nous fait part de ses soupcons: il ne pleut pas du tout en Amazonie mais notre avion a ete requisitionne pour que les diplomates fuient la ville. Bon, interessant...
On reprend nos sacs, on marche, on marche. Imaginez vous un Paris completement vide de ses voitures et vous nous comprendrez! On a fait 4 kms a pied sur le boulevard periph ce matin et autant ce soir sur la A4!!
On finit par arriver en centre ville, on se fait rembourser nos billets et on va ENFIN prendre une douche a l'hotel.
Nos plans sont flous et confus. Une chose est sure, il n'y a aucun risque pour les touristes, les boliviens nous sourient, meme les manifestants. Nous sommes de l'or blanc pour eux, ils nous bichonnent!
Cependant, certains parlent de greves indifinies, d'autres de guerre civile,d'autre de chute du gouvernement bref, on ne va pas trainer ici, des que l'on peut, on file evidemment. Les blocages seront encore la au moins deux jours, on va visiter la ville qui nous plait bcp de premier abord. Et puis apres, on ira dans la region du lac Titicaca ou tout semble plus calme. Moi(Al), je veux aller au Perou des que possible parce que ce n'est plus vraiment des vacances. Une semaine de moins en Bolivie, du coup, nous allons surement aller en Amazonie du cote peruvien en attendant notre Marion!

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21/05/05 - Samedi apres-midi, Sucre encore et toujours!
Une grasse mat encore, on pourra dire que nous nous sommes bien reposes! Nous faisons le tour de la ville a pied, la temperature est toujours aussi douce et agreable. La ville est en pleine effervescence depuis ce matin, c'est la fete nationale mercredi et tout doit etre repeint, les passages pietons, les bancs, les facades des maisons, des eglises, un travail de fous! La ville de Sucre est appellee la ville blanche, c'est donc des tonnes de peinture blanche qui s'etalent sur les murs! Les routes principales sont fermees, aucune voiture, c'est le grand menage de printemps. Le president arrive mardi soir, il faut que tout soit beau!
Les grevistes laissent tomber la greve ce week-end, on en profite pour s'enfuire a La Paz et de la bas, on prend un avion pour l'Amazonie. C'est au nord de la Boivie, il n'y aura pas de greve la bas, on va y rester une semaine.
Des nouvelles de Roger et Gisele, ils sont sains et saufs, en securite au Perou, on est bien contents!
Ce soir, nous dinons pour la derniere fois avec Claire. Nos routes se separent definitivement demain, elle part pour le Bresil avant de rentrer chez elle en Ecosse, snif...
Vesna et Christophe nous attendent a La Paz lundi matin, on prend l'avion tous les 4 pour aller jouer a Indiana Johns en Amazonie!
Demain, nous allons voir le marche le plus typique de Bolivie a 1 heure de route de Sucre et ensuite bus de nuit pour La Paz ( ca faisait longtemps!).
RDV a La Paz ou en Amazonie a Rurrenbaque!

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20/05/05 - Sucre
Brontosaure, baryonyx, brachiosaure, tyranonore (le plus reel de tous et encore vivant, un vrai tyran), diplodocus, dynonore, chercherz l'erreur !
Et oui, nous avons vus leurs traces aujourd'hui, des centaines d'empreintes. En fait le site d'une cimenterie de Sucre se trouve sur un ancien lac qui au fil des annees a fossilise des empreintes de dinosores. Eruption de volcan, inondation, secheresse et re et re, toutes ces traces ont ete mises a jour par les travaux des employes de l'usine. Aujourd'hui, c'est un grand mur, recouvert d'empreintes un regal pour les fanas de dinotrucs en tous genres.
En gros c'est le resume de notre journee car le reste du temps, on a glande et fait la sieste, ca fait du bien !! Christuphe (!!) et Vesna sont partis a La Paz, on va certainement les rejoindre lundi prochain en Amazonie. Je vous dis a demain, la faim me creuse ...

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19/05/05 - Sucre, jeudi midi.
Bon, et bien oui, nous avons finallement reussi a arriver a Sucre! Roger et Gisele avaient essaye de partir la veille mais a cause des blocages, ils n' avaient pas pu quitter la ville. Nous avions donc RDV a 6 heures du mat pour tenter de partir avant les premiers blocages tous les 6 ensemble. Car en Bolivie, quand on fait la greve, on ne commence jamais avat 8 h (il faut recuperer de la cuite de la veille!)
Premier probleme pour nous: Regis ayant ete malade toute la nuit, impossible de partir a 6 heures. Il a vomi, la turista, bref, la totale. Nos 4 amis partent donc sans nous pendant que je gave Regis de medocs. A midi, il va un peu mieux, ce n'est pas le top mais il faut absolument partir sinon, on risque d'etre bloques longtemps ici. En effet, le president de la Bolivie a laisse passer une loi et la peuple ne peut pas accepter ca. En gros les compagnies americaines et bresiliennes possedent la totalite des exploitations de petrole en Bolivie. Et la loi qui vient de passer ne demande a ces compagnies que 18 pourcent d'impots au profit de la bolivie. Tout le reste dans leur poche! Le peuple se revolte donc (et on le soutient!) et tous les axes routiers principaux sont bloques.
Nous tentons quand meme de partir. On chope un bus mais apres 1 heure de piste pour eviter les barrages, on est bloques par.... 5 barrages de camions, terrres, pierres, voitures, etc...
Nous patientons une heure, Regis comate pendant que je discute avec les autres touristes pour trouver une solution. A bout d une heure d attente, on chope nos bagages et on file avec un autre cople pour passer a pied ces barrages. Un, puis deux, puis trois, malheureusement, les manifestants ne sont pas credibles du tout. Plus ou moins saouls, allonges par terre, en train de dormir ou de discuter, la cause du petrole semble bien loin...
Apres 6 km de marche a pied (mon pauvre cheri souffre, il n'a qu'une hate, dormir...), nous passons enfin tous les barrages et apres une demi heure d attente, on monte dans un taxi qui nous conduit en 3 heures a Sucre. Regis dort tout du long, moi, je jubile, ON A REUSSI!!
Evidemment, nous nous couchons tres tot et on a dormi 13 heures de suite. Regis est deja gueri, les medocs ont bien marche, il remange et dort bien, ouf.
Gisele et Roger ont quitte le pays en vitesse hier, ils n'ont qu' un mois de vacances et ils ne veulent pas le passer a attendre que la greve stope, ils sont partis au perou. Nous, on s'est offert un bon petit hotel propre avec ea chaude et on va patienter dans cette jolie ville en attendant que tout se calme. De toute facon, aucun risque pour le touriste au contraire, les Boliviens sont charmants avec nous.
Voila, aujourd hui, c'est journee terrasse avec le soleil, la mise a jour d internet, la lessive et surtout la sieste! A tres bientot.

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17/05/05 - Potosi
Potosi, ville lumiere de l'amerique du sud il y a quelques siecles ... Alice nous avait prevenu que ca allait etre une sacree etape et elle avait raison.
Apres Uyuni, nous avons donc pris le bus avec notre petite bande d'amis pour Potosi, la ville miniere de Bolivie. Nous sommes de retour a plus de 4300m d'altitude, l'air est rare ! Potosi a donc eu son heure de gloire au XVe siecle. Ville la plus importante d'amerique du sud, elle comptait a cette epoque plus d'habitants que Paris. Les espagnols ont extrait des mines assez d'argent pour construire une route double voie de Potosi a Madrid en argent ! Ca laisse reveur et triste, une des premieres fourberies que l'on ait faite a la Bolivie.
Petite parenthese pour eclaircir quelques details de l'histoire. La Bolivie a donc ete pillee de ses mines d'argent par les espagnols (8 000 000 d'indiens periront dans les mines), ensuite vient le Chili qui veut enlever l'acces a la mer a la Bolivie (1885 je crois). Il se trouve que sur cette partie de terre perdue, git la plus grande mine et la plus grande reserve au monde de cuivre. La guerre a ete declaree durant le carnaval bolivien, le president a prefere attendre la fin du carnaval, c'est sacre non ?
De nos jours, git pres de Uyuni la plus grande reserve au monde de sel et de lithium ... et maintenant on a decouvert que la Bolivie contenait la plus grande reserve de petrole d'amerique du sud avec le Venezuela ... (AL vous expliquera) Jeux politiques, investissements etrangers, petit pays assez faible, la Bolivie ne s'en sortira jamais.
Revenons a Potosi, tres belle ville qui a su conserver son patrimoine. La plupart des batiments de l'epoque coloniale ont ete tres bien conserves et restaures. Les potossiens aiment leur villes et ils la font belle, les maisons sont colorees, les rues propres, il s'agit de la belle Bolivie. La mine est encore active et fait vivre toute la ville meme si le minerai est tres pauvre compare a la belle epoque : au mieux 4% d'agrent et 30% de zinc ... La mine en quelques chiffres c'est 10 000 mineurs repartis en cooperatives de 15 a 30 mineurs, une centaine de galeries, 50 tonnes de minerai extraites par jour et par groupe, salaire quotidien d'un mineur entre 20 et 30 euros, esperance de vie 45 ans, les plus jeunes ont 12 ans ...
Visiter la mine c'est quelque chose comme nous avait dit Alice, notre petit groupe n'etait pas tres chaud mais on y est qd meme alle. Nous avons choisi une agence qui reverse 15% de notre argent aux mineurs, c'est pas grand chose mais apres la visite on etait bien contents de l'avoir fait. Nous partons donc avec 2 ex-mineurs (17 et 27 ans), entierement equipes nous passons acheter d'abord un peu de dynamite, de coca et d'alcool (96%) pour les mineurs, c'est important pour eux. Ensuite la descente commence, 4 niveaux allant jusqu'a 100m sous terre. Le premier niveau frais, aere et large, le dernier 40C un boyau de 1m sur 1m, par d'air, c'est la que les mineurs au marteau et a la barre a mine creusent les trous pour y loger la dynamite : 8 heures par jour, 6 jours sur 7. Je ne peux pas decrire les conditions, on est accroupis, on suffoque, pas d'eau pas d'air, il faut creuser, c'est le salaire de la mort, pas de marteau piqueur, trop cher. Au 3eme niveau, une equipe vide les wagoonets de 2 tonnes a la main, il faut remplir 300 sacs de 200kg chaque jour afin de les remonter avec un treuille electrique, seule modernite. De la peine ? Non du respect, je crois que je n'en ai jamais autant eprouve pour des hommes, irreel, ils savent qu'ils y resteront mais c'est l'honneur. Mineurs de generation en generation, mon grand pere etait mineur, mon pere est mineur, je suis mineur. Poussiere, chaleur, gaz, tout risque de s'ecrouler a tout moment, toutes les conditions sont reunies mais ils ne s'arreteront pas, respect c'est le seul mot qui me vient a la tete.
Ensuite nous avons visite les usines de traitement, 28 au total plus 4 non declarees. ISO 14000 n'avait qu'a bien se tenir, les conditions sont les memes que dans les mines, pas de securite, pas le temps. Acides et companie, il faut une sacree quantite pour traiter 50 tonnes par jour et par equipe. Et les dechets ? Tout est rejete dans la riviere a condition que le pH des dechets soit neutre. Crise de rire meme si ce n'est pas drole. Les mineurs sont en greve car l'etat veut fermer la mine, elle pollue trop ... on ne s'etonne pas. Mais que fait on des mineurs? Des organisations etrangeres ont construit deux bassins de 1600 m3, ils sont deja pleins et que fait on de ces bassins apres ?
Les vacances continues pour nous ... Claire (l'ecossaise) nous a rejoint a Potosi, Roger et Gisele partent pour le Perou apres demain, nous passons encore quelques jours avec Vesna et Christophe avant qu'ils filent vers le nord. Demain nous partons pour Sucre, la capitale de la Bolivie, une des plus belles villes de Bolivie parait il. Mais surtout ce que j'attends avec impatience ce sont des empreintes de dinosaure !

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14/05/05 - Uyuni, samedi soir.
Nous voila donc en Bolivie! Nous avons passe trois jours fabuleux. Je dirais meme que si l'on parle en terme de jours cumules, il s'agit des 3 meilleurs jours consecutifs de notre voyage!
C'est trop dur et trop long de TOUT raconter mais en gros, voici un mini-bilan:
Nous sommes montes a 6 dans une jeep avec notre chauffeur jeudi matin a 8h et nous sommes arrives ce soir, samedi, tous vivants, tous copains ( 6 francais) et tous fatigues.
Les paysages sont difficiles a decrire parce que tellement varies. Les montagnes de toutes les couleurs, les lagunes blanches, vertes, ou rouges, le sable de beige clair a marron fonce, le sel d'un blanc neige, on en a pris plein la vue, c'est le moins que l'on puisse dire!
Nous avons vu enormement d'animaux: 20 000 flamants roses magnifiques, des vicunas, des lamas, des viscachis (lapins a queue longue), des oiseaus noirs et blancs, on a pris plein de jolies photos!
L'ambiance etait au top, nous etions toujours avec Vesna et Christiphe mais en plus, nous avons fait le voyage avec 2 francais de 55 ans qui voyagent toujours seuls en routards: Roger et Gisele. Une peche d'enfer, ils nous ont bien fait rigoler et surtout, on les admire car ce n est pas tout le monde qui dormirait a -10 degres et a 4800 m d 'altitude!
Le guide bien sympa nous a raconte plein de petits details interessants sur la region et les habitants.
Nous avons navigue entre 3200 m et 5000 m, attention au manque d'oxygne, les pas sont comptes a cette altitude et le coeur bat etrangement vite. On nous avait tellement dit que nous allions avoir froid que finallement, on a survecu! Premiere nuit dans une maison en plein vent avec un bon moins 7 degres, deuxieme nuit de luxe quasiment puisqu'il faisait 10 degres! J'ai trouve plus frileuse que moi en la personne de Vesna, c'est rare! On a tres peu dormi la premiere nuit surtout a cause du mal de tete lie a l'altitude mais la deuxieme nuit, on a dormi comme des bebes!
Le top de ces trois jours fut quand meme le desert de sel aujourd hui. Imaginez vous la superficie de la Corse recouverte par un blanc manteau de sel. Et pas n importe quel blanc mais ce blanc que l on ne peut voir qu'a travers des lunettes de soleil, ce blanc qui brule la peau, exactement le meme que la neige. Incroyable, les photos parleront mieux, c'est indescriptible. Le sel sert a tout ici, on a meme dormi dans un hotel ENTIEREMENT fait de sel. Les chaises, les murs, les tables, nos lits, c'etait genial, on a tout leche pour verifier et ce n'est pas de la blague!!
Profond de 5m, ce desert de sel est exploite, c'est le premier producteur de sel au monde. Mais voila, il y a evidemment le revers de la medaille lorsque l'on apprend les conditions de vie miserables des ouvriers...En effet, sachant que 50 tonnes de sel rapporte a la Bolivie 1 euro, je vous laisse imaginer le salaire du pauvre Bolivien qui racle le sel et le charge dans un camion tous les jours de toute sa vie...
On realise ce soir encore plus que ces derniers jours que nous sommes bel et bien en Bolivie...Les costumes traditionnels sont portes par tout le monde, l'hotel n'a pas d'eau chaude alors qu'il gele, le bus demain part, non pas a une heure precise, mais ENTRE 9h et 10h, tous les touristes ferment leur porte de chambre a cle et ajoute un cadenas, bref, pas de dessin, la misere est la et on la sent a chaque coin de rue. Meme notre guide a essaye de nous rouler en nous emmenant dans un FAUX hotel de sel ( qu'il aurait paye mons cher), heureusement que nous avions vu les photos!
Bon, assez parle pour aujourd'hui, au lit tout le monde, on a du sommeil en retard. Nous partons tous les 6 demain pour Potosi.

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